Blog

Derniers articles

Filtrer (par catégories d'articles)

Entre lavage ou désinfection des mains, que choisir et pourquoi?

Barry Michaels
June 05, 2018

 

hands-2

Un tue-mouches est un dispositif dénué d’efficacité intrinsèque. En effet, son efficacité tient uniquement à l’habileté de la main qui le manie et à la rapidité de l’humain (un genre de pesticide vaguement réglementé) qui commande la main. L’efficacité du lavage des mains est un peu comme le tue-mouches, c’est-à-dire qu’elle dépend entièrement de l’application et de la volonté de ces mêmes mains à bien exécuter la tâche (en fonction de la réglementation pertinente : contact avec les aliments, produits antimicrobiens, cosmétiques/savons, etc.).

Lorsque l’on compare l’efficacité du lavage des mains et celle du désinfectant pour les mains, il faut tenir compte du fait que les agents pathogènes chez l’humain et les agents pathogènes opportunistes évoluent dans des continuums multidimensionnels sur le plan de la survie, de la résistance chimique aux composés antimicrobiens, de l’efficacité du lavage des mains, etc. Comme chaque micro-organisme existe et survit selon ses propres modalités multiples, il est impossible d’adopter une approche unique en matière de contrôle et de prévention des maladies par l’hygiène des mains. 

 

À une extrémité du continuum du lavage des mains efficace, on retrouve des virus plus difficiles à éliminer des mains que les bactéries ou encore que les kystes ou les œufs de parasites, qui sont plus gros. On voit bien que la taille compte. Plus l’agent pathogène est petit, plus il est facilement piégé dans les fissures et les replis de l’épiderme et de la couche cornée. Par conséquent, il est plus important d’effectuer un bon lavage de mains énergique pour éliminer les virus, que de chercher à combattre les organismes habituellement plus gros, comme les bactéries. De nombreuses études indiquent que, outre l’action des surfactants, la friction des mains (avec la bonne vieille « huile de coude ») au moment du rinçage est peut-être l’étape la plus cruciale du lavage des mains, puisqu’elle permet de déloger les virus de la surface de la peau. Cela dit, on ne peut pas se laver les mains de manière énergique à cœur de jour pour les débarrasser des virus sans que la peau devienne sèche et irritée, même si on emploie le plus doux des savons.


À une extrémité du continuum de l’action antimicrobienne, on retrouve des organismes comme C. difficile, dont les spores résistent aux antiseptiques pour les mains à base d’alcool (comme on l’a mentionné dans le blogue sur C. difficile). Et, bien sûr, les norovirus se rapprochent du C. difficile au chapitre de la résistance chimique. Pour protéger les mains contre ces organismes, il faut porter des gants lorsque c’est nécessaire. Dans le cas des norovirus, généralement considérés comme assez résistants aux antiseptiques chimiques, un nombre croissant d’études montrent que les antiseptiques perfectionnés ont une efficacité comparable à celle d’un lavage des mains de qualité moyenne ou médiocre. Il est bon de se rappeler ces faits lorsque vient le temps de conjuguer santé cutanée et réduction du risque et que les lavages des mains fréquents et énergiques ont commencé à abîmer la fonction barrière de la peau.

 

Heureusement, à l’autre bout du continuum de l’action antimicrobienne, on retrouve un très grand nombre de micro-organismes, bactéries, virus et champignons faciles à éliminer au moyen des antiseptiques pour les mains. Dans ce cas, le lavage des mains, même s’il demeure nécessaire, est moins important lorsqu’aucune saleté n’est visible. On peut compter sur les antiseptiques pour les mains pour éliminer ces micro-organismes, mais aussi pour redonner de précieux émollients à la peau. Plus on utilise les antiseptiques pour les mains de dernière génération, plus la peau devient saine.

 

N’oubliez pas que l’utilisation des antiseptiques dans les établissements de santé et les services alimentaires a été instaurée justement pour protéger les mains contre les effets potentiellement néfastes des lavages et séchages fréquents. Nous ne connaissons pas toujours la nature des risques microbiens qui nous entourent.

 

Pour tirer le meilleur parti de l’hygiène des mains, il faut vraiment mener une analyse rapide des risques présents à un moment précis dans le temps. Y a-t-il de la saleté visible? Quelle est la nature de la menace microbienne? Par exemple, est-on en présence de C. difficile? Lorsqu’il est question de soins aux patients, les protocoles d’hygiène des mains devraient reposer sur les principes contenus dans les lignes directrices sur les 5 Moments de l’hygiène des mains de l’OMS. Nous disposons des outils nécessaires entre nos mains et, comme le tue-mouches, ils doivent être utilisés avec précision, rapidité et compétence. N’oubliez pas de réhydrater votre peau avec une crème réparatrice après l’utilisation d’un antiseptique pour les mains. Une peau hydratée rend le lavage plus efficace. 

 

 

Mots-clés : Antiseptique pour les mains, Lavage des mains, Efficacité de l’hygiène des mains, Spores de C. difficile, Prévention des infections dans le milieu de la santé, Norovirus, Barry Michaels

 

Inscrivez-vous au Blog Deb

Vous avez aimé cet article, laissez-nous un commentaire.